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Published on septembre 3rd, 2010 | by Anthony

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Ping : un réseau social pour une entreprise pas « sociale »

Je ne sais pas vous, mais j’ai été plutôt surpris par la dernière annonce d’Apple lors du keynote du 1 septembre donnée par Steve Jobs – le chouchou des mac aficionados. Oui, vous avez deviné, je ne suis pas mac-addict. Alors comme ça, Steve se lance dans les réseaux sociaux avec Ping, un nouveau réseau social pour la musique. Après tout, c’est vrai que c’est un peu l’eldorado du moment – nombreux sont ceux à loucher sur la croissance de Facebook. Et pourtant, je pressens un échec cuisant, la « total failure » sur ce coup là…

Ping - le réseau social de Mac pour la musique

Ping – le réseau social de Mac pour la musique

Un mauvais départ

Disons le d’emblée, je pense que ca ne marchera pas. Pourquoi ? Apple n’est pas une entreprise « social ». Qu’est-ce que j’entends par là ? Le modèle d’Apple est tout sauf ouvert : auto-centré sur lui même et  fermé à toute compatibilité vers l’extérieur. Bref, ça fait beaucoup d’obstacles pour un réseau social. Il y a pourtant des règles à respecter si on veut que ça marche telle que l’ouverture du code (ex : Twitter) et la constitution de passerelles multiples vers les autres réseaux sociaux (pour le coup, rappelons également que la tentative d’incorporer Facebook Connect à Ping a échouée). Tout le contraire donc de ce que fait Apple…

Une question de génétique

Mais le problème de Ping vient plutôt de son père. Apple n’est pas, et ne sera probablement jamais un « Social » Player. Tout simplement parce qu’il n’a pas ça dans les gènes. La majorité des produits Mac sont avant tout dédiés à la consommation – avant la production de contenu. Alors oui, il y a les mac vidéo machin pour monter son propre film et mac DJ machin pour faire ses propres musiques…  mais les iPad, les iPhone sont des produits tournés essentiellement vers la consommation de contenu – pas sa production. Rappelons qu’ Apple est une vieille entreprise et que son business model est né dans les années 80. Et vendre un réseau social, ce n’est pas comme vendre des ordinateurs ou de la musique…

Une marque à l’ego surdimensionné

Apple ne fait pas dans la dentelle quand Apple parle d’Appel, attention aux chevilles … Voici comment l’entreprise se définit dans ses communiqués…

Apple conçoit les Mac, les meilleurs ordinateurs personnels au monde, ainsi que le système d’exploitation OS X, iLife, iWork et des logiciels professionnels. Apple mène la révolution de la musique numérique avec ses iPod et l’iTunes Store en ligne. Apple a réinventé la téléphonie mobile avec son iPhone et son App Store révolutionnaires, et a récemment introduit le magique iPad, qui dessine l’avenir des appareils multimédias et informatiques mobiles

…. ce n’est plus de l’arrogance, ça vire au trouble psychologique de la marque, révélateur d’un ego démesuré qui cherche à tutoyer le démiurge…. Le problème, c’est que les réseaux sociaux sont basés sur le contenu de ses membres qui y développent par le même coup leur propre marques personnelles, leur identité… Mais la marque Appel impose une image de marque tellement écrasante qu’elle ne laisse aucune place à ses consommateurs pour exprimer leur « personal brand ». Les futurs Pingers s’y sentiront-ils comme chez eux ?

Appel, bientôt la fin ?

Je ne vais pas jouer les Nostradamus, ce n’est pas mon genre. Prenez plutôt ça comme une boutade. Mais l’histoire d’Apple, c’est un peu les montagnes Russes.. un coup ça monte dans les années 80, un coup ça descend dans les années 90, un coup ça remonte dans les années 2000… Bref, les 3 décennies de l’entreprise nous ont habitué à des cycles de plus ou moins 10 ans. Et si la débâcle de la sortie de l’iPhone 4 sonnait un avertissement ? Et si Ping se casse bien les dents comme je le pense ? En même temps, on va bientôt changer de décennie…

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About the Author

Je suis doctorant à l’université Paris X en Science de l’Information et de la Communication sur le sujet de la circulation de l’information sur Internet et de l’économie de l’attention. Je suis également fondateur de Digicomstory, la petite agence de communication experte en Digital. Avant de fonder Digicomstory, J’ai travaillé plusieurs années dans un grand groupe de relations publiques international. J’y ai créé et dirigé le département Digital au sein duquel j’ai conçu de nombreux programmes de communication web pour de grandes marques françaises et internationales. J’ai été formé à la communication sur les médias sociaux aux Etats-Unis, à Austin TX. Je suis titulaire d’une licence d’économie, d’une maîtrise en science politique et d’un Master en stratégies de communication internationale.



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  • A propos

    Ce blog a pour objet de réfléchir sur les médias sociaux avec comme objectif premier de poser des questions, plus que de donner des réponses… soit… cela paraît plus facile. Mais les blogs sont là pour lancer des conversations comme le dit Brian Solis. « Mais où est-ce qu’on est ? » explore donc les médias sociaux et s’intéresse à leurs rôles sur le web, dans la société et les changements qu’ils apportent dans nos comportements quotidiens.

  • L’auteur

    L’auteur de ce blog s’appelle Anthony Besson. C’est moi ;-). Je suis doctorant à l’université Paris X en Science de l’Information et de la Communication sur le sujet de la circulation de l’information sur Internet et de l’économie de l’attention.

    Je suis également fondateur de Digicomstory, la petite agence de communication experte en Digital. Avant de fonder Digicomstory, J’ai travaillé plusieurs années dans un grand groupe de relations publiques international où j’ai dirigé le département Digital au sein duquel j’ai conçu de nombreux programmes de communication web pour de grandes marques françaises et internationales.

    J’ai été formé à la communication sur les médias sociaux aux Etats-Unis, à Austin TX. Je suis titulaire d’une licence d’économie, d’une maîtrise en science politique et d’un Master en stratégies de communication internationale.