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Published on octobre 29th, 2010 | by Anthony

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Wikileaks : le dernier Hacker ?

Wikileaks fait couler beaucoup d’encre. Le site de Julian Assange a ses partisans comme ses détracteurs. Les principaux reproches qui lui sont fait sont de mettre en danger la vie d’autrui en dévoilant les noms des personnes impliquées dans les guerres d’Irak ou d’Afghanistan. Wikileaks ne suivrait pas la déontologie journalistique, ce qui a pu émouvoir des associations de défense des journalistes telles que Reporters sans frontières. Le deuxième reproche qui est fait à Wikileaks est tout l’opposé du premier : on  trouve finalement que les révélations de Wikileaks ne nous apprennent rien de nouveau de ce que l’on savait déjà. Ou encore, que l’information qu’il apporte, brute, est finalement incompréhensible (et c’est vrai qu’elle l’est). Et même avec la très réussie application Warlogs d’Owni, les rapports des militaires restent toujours indéchiffrables pour le commun des mortels.

Cela dit, Wikileaks n’est pas un journal et Julian Assange, quoique que l’on puisse lui reprocher, n’est pas un journaliste. Il n’a donc que faire en un sens de la déontologie journalistique. Wikileaks ne cherche pas à mettre en perspective une information ou à rechercher la vérité comme le ferait presque tout bon journaliste. Pas d’analyse de l’information sur Wikileaks, mais de la matière brute.

De plus, si effectivement Wikileaks met en danger certaines personnes par ses informations, rappelons juste au passage que ce n’est pas Wikileaks qui a fait ces guerres. La guerre en Irak ou celle en Afghanistan n’est quand même pas la faute d’un site Internet….

Le but de Wikileaks n’est pas non plus le scoop. D’ailleurs, aucun scoop n’est jamais sorti de Wikileaks, aucun « wikileaksgate » n’a émergé suite à la révélation de ces documents.

Non, le but de Wikileaks est ailleurs. Il est un site qui porte en lui les gènes même de l’Internet, un site qui se colle dans la droite ligne du mouvement hacker des 80’s. Quelle est la raison d’être de Wikileaks ? Dévoiler des secrets cachés sur la toile. Sauf que dans l’univers digital du bit, il n’y a pas de secrets. Parce que cet univers n’est pas celui de gouvernements ou de quelconques autorités. L’Internet (enfin son idéal)  n’a pas de frontières, ne connaît pas la territorialité ni la notion de « privé ». Il est un univers qui appartient à tous les internautes.

Comme le dit Loyd Blankenship dans The Hacker Manifesto en 1986 :

“This is our world now… the world of the electron and the switch, the beauty of the baud. We make use of a service already existing without paying for what could be dirt-cheap if it wasn’t run by profiteering gluttons, and you call us criminals. We explore… and you call us criminals. We seek after knowledge… and you call us criminals. We exist without skin color, without nationality, without religious bias… and you call us criminals. You build atomic bombs, you wage wars, you murder, cheat, and lie to us and try to make us believe it’s for our own good, yet we’re the criminals.”

Wikileaks vibre au son de ce manifeste. Il est l’expression brute de ce courant de pensée qui animait les première heures de l’Internet : la liberté totale de l’information, l’exploration sans limite, l’opposition à l’ordre IRL.

Si Wikileaks rencontre tant d’oppositions, et pas seulement des gouvernements, c’est peut-être aussi que l’Internet a changé. Les assauts incessants des Hadopi, les ACTA en tous genres commencent peut-être à avoir raison de cette philosophie. L’Internet est également devenu mainstream et nos comportements sur la toile à travers notamment les réseaux sociaux copient de plus en plus nos façon d’agir et de penser de la vie de tous les jours. L’Internet encore largement vierge des années 80 qui inspirait un tel sentiment de liberté a laissé place à un Internet qui s’inspire de plus en plus de notre monde réel et dans laquelle Wikileaks, sous ses dehors de modernité, respire en fait une philosophie d’une autre décennie.

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About the Author

Je suis doctorant à l’université Paris X en Science de l’Information et de la Communication sur le sujet de la circulation de l’information sur Internet et de l’économie de l’attention. Je suis également fondateur de Digicomstory, la petite agence de communication experte en Digital. Avant de fonder Digicomstory, J’ai travaillé plusieurs années dans un grand groupe de relations publiques international. J’y ai créé et dirigé le département Digital au sein duquel j’ai conçu de nombreux programmes de communication web pour de grandes marques françaises et internationales. J’ai été formé à la communication sur les médias sociaux aux Etats-Unis, à Austin TX. Je suis titulaire d’une licence d’économie, d’une maîtrise en science politique et d’un Master en stratégies de communication internationale.



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    Ce blog a pour objet de réfléchir sur les médias sociaux avec comme objectif premier de poser des questions, plus que de donner des réponses… soit… cela paraît plus facile. Mais les blogs sont là pour lancer des conversations comme le dit Brian Solis. « Mais où est-ce qu’on est ? » explore donc les médias sociaux et s’intéresse à leurs rôles sur le web, dans la société et les changements qu’ils apportent dans nos comportements quotidiens.

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    L’auteur de ce blog s’appelle Anthony Besson. C’est moi ;-). Je suis doctorant à l’université Paris X en Science de l’Information et de la Communication sur le sujet de la circulation de l’information sur Internet et de l’économie de l’attention.

    Je suis également fondateur de Digicomstory, la petite agence de communication experte en Digital. Avant de fonder Digicomstory, J’ai travaillé plusieurs années dans un grand groupe de relations publiques international où j’ai dirigé le département Digital au sein duquel j’ai conçu de nombreux programmes de communication web pour de grandes marques françaises et internationales.

    J’ai été formé à la communication sur les médias sociaux aux Etats-Unis, à Austin TX. Je suis titulaire d’une licence d’économie, d’une maîtrise en science politique et d’un Master en stratégies de communication internationale.